VERBIAGE D’UN POETE ASSASSINE
Les marges ne tolèrent pas de mouvements
Mais ceux qui puisent dans les tombereaux
D’insultes une grâce qui se brise
A vous comme un canard laqué en cuisine
A vous les amantes qui ne me résistent
Dans cet abus et ce millésime
Je ne prends pas en compte ce qui est pollué
Dans cet air navré et ses souffrances exquises
Je suis le pion sur le parvis des banquises
Je vous touche quelques fois avec cette aile noire
Ce squelette à plumes qui se déconfit le soir
Dans le ciel oublieux d’un crépuscule
Je suis l’armée de cortèges et le son des concerts
Et ne frappe hors de ma tanière qu’avec le cri
Des volières qui suintent dans les paradis
Je fais des rimes telle une manivelle active
Sur des esprits pluvieux qui gisent
Sur des parvis lumineux qui luisent
Je suis le chantre assassiné des épouses
Et sème le trouble dans les familles
Je suis l’exquise réponse à vos épines
Logées dans vos membres, dans mes guenilles
Qui vous sert d’appui dans la pluie
Et décore vos cœurs d’un esprit