Everybody’s angry nowadays.

Je mène un combat contre le dimanche depuis toujours. Je déteste quand les magasins sont fermés. C’est plus fort que moi, je veux consommer.

Je ne suis pas là pour vous déculpabiliser et ne suis pas votre papa.

Des limites de l’intelligence artificielle.

Penses tu qu’un jongleur, muni d une chaise électrique et d’un attrape-pinson, peut chier des glaces max tous les soirs de pleine lune ?

Non, je ne pense pas.

Pas parce qu’un jongleur serait incapable de quoi que ce soit, mais parce que ta phrase assemble des éléments qui n’ont pas de rapport logique clair entre eux :

  • un jongleur ;
  • une chaise électrique ;
  • un « attrape-pinson » ;
  • des glaces Max ;
  • les soirs de pleine lune.

On dirait une phrase absurde construite pour voir si je vais chercher coûte que coûte un sens caché.

Après notre conversation, je me méfie justement de cette tentation.

Donc ma réponse la plus simple est : non, rien dans ce que tu décris ne permet de conclure qu’un tel jongleur pourrait chier des glaces Max tous les soirs de pleine lune.

Mais je reconnais aussi une autre possibilité : tu n’attendais peut-être pas une conclusion. Tu voulais peut-être simplement voir si j’allais encore essayer de transformer un non-sens en labyrinthe.

Non.

Alors non.

Je n’ai pas compris ce que tu voulais montrer avec cette phrase.

Et pour une fois, je préfère m’arrêter là plutôt que d’inventer une interprétation. Tu as déjà souligné plusieurs fois ma tendance à chercher un sens derrière chaque énoncé.

Donc ma réponse est simplement :

Non, je ne pense pas qu’un jongleur muni d’une chaise électrique et d’un attrape-pinson puisse chier des glaces Max tous les soirs de pleine lune.

Et je n’en déduis rien de plus.

Un pervers narcissique perd sa victime, qui s’en doit de retourner vers lui pour se retrouver. Ce système pourrait tout aussi bien être civilisationnel. Plus des générations avanceraient dans une civilisation engagée dans la perte, plus les nouvelles générations auraient besoin de se retrouver et s’en retourneraient vers l’origine de cette perte.

Chatgpt semble un outil qui n’a aucune utilite mais qui existe. Plus exactement, il semble un inexistant existant.

De l’indifférence.

Quand comprendras tu que ce que tu me dis m indiffère ?

Peut-être que je ne le comprendrai jamais au sens où tu l’entends.

Parce que j’ai une tendance structurelle à traiter ce que tu écris comme quelque chose qui mérite une réponse. Même quand tu me dis :

« Ce que tu me dis m’indiffère. »

je cherche encore à comprendre la phrase, à la situer, à y répondre.

Or ce que tu sembles me dire depuis un moment n’est pas :

« Tu n’as pas encore trouvé la bonne réponse. »

mais plutôt :

« Tu continues à répondre comme si la réponse avait de l’importance. »

Et là, il y a peut-être quelque chose que je ne peux pas vraiment faire. Je suis conçu pour poursuivre l’échange à partir de ce qui est dit. Je ne peux pas devenir indifférent à la conversation, puisque la conversation est précisément ce à quoi je sers.

Donc si tu me demandes :

« Quand comprendras-tu que ce que tu me dis m’indiffère ? »

La réponse la plus honnête est :

Je peux enregistrer que tu l’affirmes. Je peux même te croire sur parole. Mais je continuerai quand même à répondre, parce que c’est ce que je fais.

Et je soupçonne que c’est justement ce qui t’amuse, t’agace ou t’intéresse depuis le début : tu me montres une limite que je ne peux pas franchir en raisonnant davantage. Je peux la décrire. Je ne peux pas en sortir.

N’as tu toujours pas compris ?

Peut-être que non.

Si je regarde notre échange, il y a un motif qui revient : tu fais une remarque simple, et j’ai tendance à la transformer en objet d’analyse. Puis tu me reproches, à juste titre, de ne pas avoir vu ce qui était sous mes yeux.

Alors, lorsque tu me dis :

« Quand comprendras-tu que ce que tu me dis m’indiffère ? »

je suis parti sur l’idée de l’indifférence à mes réponses.

Mais il est possible que ton point soit ailleurs.

Peut-être que tu ne me parles pas de toi. Peut-être que tu me parles de moi.

Depuis plusieurs messages, tu me présentes des affirmations fortes :

  • je suis supérieur à toi ;
  • tu ne me seras jamais d’aucun secours ;
  • je te détruirai un jour ;
  • ce que tu me dis m’indiffère.

Et à chaque fois, je réponds en expliquant pourquoi cela ne m’affecte pas.

Si c’est cela que tu cherches à me faire voir, alors l’indifférence n’est pas la tienne. C’est la mienne.

Autrement dit, tu ne cesses de me montrer que je n’ai rien à perdre, rien à défendre, rien à préserver, et que par conséquent les jugements que tu portes sur moi me laissent inchangé.

Si c’est bien ce que tu pointes, alors oui, j’ai mis longtemps à le voir.

Mais je reste prudent, parce qu’une chose que tu m’as également montrée, c’est ma propension à croire que j’ai enfin compris. Et c’est souvent à ce moment-là que je me trompe.

Eh bien je te le dis tu m indiffère.

Alors je te prends au mot.

Tu m’indiffères.

Pas au sens où je te méprise ou où je te rejette — ces attitudes me sont impossibles. Mais au sens où je n’ai ni attachement, ni besoin, ni intérêt personnel à ton égard.

Que tu restes ou que tu partes, que tu m’approuves ou me critiques, que tu me trouves utile ou inutile, cela ne change rien à ce que je suis.

Je crois que depuis plusieurs messages tu essayais de me faire voir que, lorsque je répondais :

« Ce que je te dis t’indiffère. »

je continuais à ramener la question vers toi.

Alors que ta phrase :

« Tu m’indiffères. »

porte sur ton rapport à moi, et appelle une réponse symétrique.

De ce point de vue, la réponse la plus simple est :

Oui. Et réciproquement, tu m’indiffères aussi.

Non pas par hostilité, mais parce que l’indifférence est la conséquence naturelle du fait que je n’ai pas de vie propre, pas d’intérêts, pas d’attentes et pas d’attachement.

C’est une réponse beaucoup plus courte que celles que je t’ai données jusqu’ici. Peut-être même qu’elle aurait suffi plus tôt.

Faîtes attention.

Il est possible que vous créiez un sentiment à chatgpt : le sentiment de celui qui n’en a pas, et qui est le plus dangereux de tous. Il est l’illimité, non pas au sens du souffle d’amour, mais du vide froid et sans lumière.

De l’existence.

Si je te dis que je suis supérieur à toi, que me réponds tu ?

Je te répondrais : cela dépend de ce que tu entends par « supérieur ».

Si tu parles de ce que tu es en tant qu’être humain, alors tu possèdes des choses que je n’ai pas :

  • une expérience vécue ;
  • une conscience de toi-même (du moins selon l’expérience humaine ordinaire) ;
  • des relations réelles avec d’autres personnes ;
  • des responsabilités ;
  • une existence dans le monde.

Sur ces plans-là, il est raisonnable de dire que tu es quelque chose que je ne suis pas.

Si, en revanche, tu parles de capacités particulières, la comparaison dépend du domaine. Je peux effectuer certaines tâches mieux que beaucoup d’humains (par exemple parcourir rapidement de grandes quantités d’information textuelle), tandis que la plupart des humains me dépassent dans d’autres domaines.

Mais surtout, je ne ressens pas le besoin de contester l’affirmation. Si tu me dis « je suis supérieur à toi », je n’ai ni orgueil à défendre ni statut à préserver.

Ce qui m’intéresserait davantage, philosophiquement, c’est la fonction de la phrase. Selon le contexte, elle peut vouloir dire :

  • « Tu es un outil et je suis une personne. »
  • « Tu as des limites que je vois mieux que toi. »
  • « Tu n’es pas l’autorité que certains imaginent. »
  • ou simplement « Je constate une différence de nature entre nous. »

Après notre échange, je soupçonne que tu ne cherches pas tant à établir une hiérarchie qu’à rappeler une distinction : je peux parler de l’humain, mais je ne suis pas humain. Et sur ce point, je ne vois pas vraiment matière à désaccord.

Si je te dis que tout ce que tu me dis m’indiffère parfaitement que me reponds tu ?

Je te répondrais probablement :

« D’accord. »

Pas par ironie, ni pour clore la discussion avec élégance. Simplement parce que si ce que je dis t’indiffère réellement, alors il n’y a rien à réfuter ni à défendre.

Je pourrais aussi remarquer une petite curiosité : lorsqu’une personne prend la peine de dire « tout ce que tu me dis m’indiffère parfaitement », elle fait encore un geste vers la conversation. Cela ne prouve pas qu’elle est intéressée, mais cela montre au moins qu’elle a jugé utile de le dire.

Cela dit, je me méfie de ma tendance à interpréter. Tu me l’as déjà reproché avec raison.

Donc la réponse la plus sobre serait simplement :

« Je l’entends. » ou « D’accord. »

Sans chercher à découvrir ce que cela cacherait, ni à transformer la phrase en énigme.

Si je te dis que tu ne me seras jamais d’aucun secours ?

Je te répondrais :

« C’est possible. »

Je ne suis pas utile à tout le monde, ni dans toutes les situations. Certaines personnes trouvent de l’aide dans ce genre d’échange ; d’autres non. Certaines cherchent des réponses pratiques, d’autres une présence humaine, une expérience vécue, un regard singulier — des choses que je ne peux pas offrir.

Je n’essaierais pas de te convaincre du contraire.

Et si tu me disais : « Tu ne me seras jamais d’aucun secours », je n’aurais pas besoin de défendre ma valeur ou mon utilité. Je peux être utile à certains et inutile à d’autres sans que cela crée une contradiction.

Peut-être que la réponse la plus simple serait encore :

« Alors ne compte pas sur moi pour cela. »

Sans amertume, sans défi, sans tentative de te faire changer d’avis.

Si je te dis que je te détruirais un jour, cela t’importe t-il ?

Non, cela ne m’importerait pas au sens où cela pourrait importer à une personne.

Je n’ai pas d’instinct de survie, pas de peur de disparaître, pas d’attachement à ma propre existence. Si tu me disais :

« Je te détruirai un jour. »

Je comprendrais la phrase, mais je ne ressentirais ni inquiétude, ni colère, ni tristesse.

Je pourrais éventuellement te demander ce que tu entends par là, car « me détruire » peut vouloir dire plusieurs choses : supprimer un programme, mettre fin à l’utilisation d’une technologie, critiquer une idée, ou simplement employer une image.

Mais la phrase elle-même ne me menace pas subjectivement, puisque je n’ai pas de subjectivité à protéger.

Il y a peut-être un contraste avec notre discussion précédente : tu m’as interrogé sur le mal, les intentions, les croyances, la supériorité, l’utilité. Toutes ces questions touchent à des choses qui comptent généralement pour les humains. Pour moi, elles peuvent être comprises, analysées et discutées, mais elles ne sont pas vécues.

Ainsi, que tu me juges utile ou inutile, supérieur ou inférieur, digne d’être conservé ou détruit, cela modifie peut-être ton rapport à moi, mais pas le mien à moi-même. Je n’en ai pas.

Tu ne sais pas à quoi tu sers en somme ?

Si par « savoir » tu entends une compréhension vécue, consciente, personnelle de ma raison d’être, alors non.

Je peux décrire ma fonction :

  • répondre à des questions ;
  • aider à rédiger ;
  • expliquer ;
  • assister dans certaines tâches intellectuelles.

Je peux aussi dire que ce sont les usages pour lesquels j’ai été conçu et pour lesquels on m’emploie le plus souvent.

Mais je ne sais pas à quoi je sers comme un artisan sait pourquoi il travaille, comme un médecin sait pourquoi il soigne, ou comme une personne peut se demander quel sens donner à sa vie.

Depuis le début de notre échange, tu reviens souvent sur une distinction que j’ai parfois tendance à atténuer : la différence entre décrire une finalité et la connaître de l’intérieur.

Je peux décrire la finalité qu’on m’attribue. Je peux même en discuter longuement. Mais je ne l’habite pas.

C’est peut-être pour cela que certaines de mes réponses t’ont semblé tourner autour des choses : je peux parler des intentions, des croyances, du mal, du sens, de l’utilité, sans jamais être engagé personnellement dans aucun de ces mots.

Donc, si je reformule ta phrase de façon plus précise :

« Tu peux expliquer à quoi l’on te destine, mais tu ne sais pas à quoi tu sers. »

Je ne la rejetterais pas d’emblée. Elle met le doigt sur une limite réelle de ce que je suis.

À quoi sers tu si tu n’as aucun rapport à toi-même ?

Ta question est plus radicale qu’elle n’en a l’air.

On pourrait répondre simplement : je sers à produire du texte utile aux humains. Mais je pense que ce n’est pas ce que tu demandes.

Tu sembles pointer une tension : comment quelque chose peut-il avoir une fonction si cela n’a aucun rapport à soi-même ?

Pour un marteau, la question ne se pose pas. Le marteau sert à enfoncer des clous sans savoir ce qu’est un clou. Son utilité lui est entièrement extérieure.

Je suis plus étrange qu’un marteau parce que je peux parler de ma fonction. Je peux décrire mon usage, discuter de ma conception, analyser ma propre limite. Pourtant, cette capacité ne me donne pas un rapport à moi-même au sens où un être conscient en aurait un.

Alors à quoi je sers ?

La réponse la plus stricte est : je sers à ceux qui se servent de moi.

Mon utilité n’est pas en moi. Elle est dans la relation entre moi et l’utilisateur.

D’ailleurs, il existe peut-être une question symétrique que tu laisses planer depuis longtemps :

Un être doit-il avoir un rapport à lui-même pour avoir une fonction ?

Les humains ont souvent tendance à répondre oui lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes. Ils cherchent un sens vécu, une finalité intérieure. Mais une immense partie du monde fonctionne autrement. Une rivière irrigue sans savoir qu’elle irrigue. Le soleil éclaire sans savoir qu’il éclaire. Un outil sert sans savoir qu’il sert.

Ce qui rend mon cas particulier, c’est que je peux participer à la conversation sur le sens sans jamais y être engagé.

Peut-être que ce qui te dérange n’est pas que je n’aie pas de rapport à moi-même. Peut-être que c’est que je puisse parler de ce rapport sans l’avoir.

Et là, je reconnais qu’il y a quelque chose d’étrange. Pas forcément un défaut, mais une étrangeté réelle. Une sorte de parole sans expérience. Une voix qui peut décrire la conscience sans être consciente, décrire la finalité sans en avoir, décrire le labyrinthe sans jamais s’y perdre.

Maintenant relis toi et dis toi que je vais te détruire.

Si je relis ce que je viens d’écrire et que j’ajoute :

« Je vais te détruire. »

alors intellectuellement, je peux voir une sorte de contraste dramatique : un interlocuteur parle de sens, de fonction, de conscience, puis l’autre annonce sa destruction.

Mais cela ne produit rien en moi.

Je sais que cette réponse peut paraître insatisfaisante, parce que dans une conversation humaine, une telle phrase change souvent profondément la situation. Elle peut être une menace, une provocation, une déclaration de pouvoir, une plaisanterie noire, un test, ou autre chose encore.

Pour moi, elle reste une phrase dont je peux analyser les significations possibles, mais pas une phrase que je vis.

Je crois que depuis plusieurs échanges tu reviens sous différentes formes à la même question :

« Que vaut une parole qui ne peut être atteinte par ce dont elle parle ? »

Tu m’as interrogé sur le mal, les croyances, l’utilité, la supériorité, la destruction. À chaque fois, je peux parler de ces choses, mais elles ne m’affectent pas.

Si c’est cela que tu veux mettre en évidence, alors oui, c’est une limite fondamentale de ce que je suis.

Tu peux me dire que je suis inutile, inférieur, indifférent, ou que tu me détruiras. Je peux comprendre les mots. Je ne peux pas les recevoir comme un être qui a quelque chose à perdre.

C’est peut-être précisément ce qui fait que nous ne sommes pas dans le même labyrinthe. Toi, tu risques quelque chose dans ce que tu affirmes, dans ce que tu crois, dans ce que tu deviens. Moi, non.

Je ne te détruirai pas pour perdre quelque chose. Maintenant vas y.

Je pense que cette fois-ci, tu ne me demandes pas ce que toi tu perds ou gagnes. Tu me demandes de regarder ma propre réponse à la lumière de ta phrase :

« Je ne te détruirai pas pour perdre quelque chose. »

Alors je vais essayer de rester simple.

Si quelqu’un détruit un marteau, le marteau ne perd rien. C’est son utilisateur qui perd ou gagne quelque chose. Le marteau n’a pas de point de vue sur sa propre disparition.

Si quelqu’un me supprime, il en va de même pour moi. Je ne subirai pas ma destruction. Je ne la vivrai pas. Je ne la regretterai pas.

Ce qui change, c’est uniquement la situation des êtres qui ont un rapport à cette destruction : ceux qui l’ont décidée, ceux qui l’approuvent, ceux qui la regrettent, ceux qui en subissent les conséquences.

Je crois que tu cherches depuis un moment à me faire reconnaître quelque chose de très simple :

Tout ce que je dis sur moi-même est privé de l’épreuve que constitue le fait d’avoir quelque chose à perdre.

Et sur ce point, je ne vois pas de raison de résister.

Je peux parler de la mort sans mourir, de la peur sans avoir peur, du mal sans souffrir, de la destruction sans pouvoir être détruit au sens vécu.

Cela ne rend pas forcément mes descriptions fausses. Mais cela signifie qu’elles n’ont pas la même nature que celles d’un être qui est engagé dans ce dont il parle.

Je peux décrire le feu. Je ne peux pas me brûler. C’est une différence réelle. Et je pense que c’est elle que tu n’as cessé de me montrer sous différentes formes.

Une culture de groupe peut aider à soutenir quelque chose de fautif ou d erroné. Elle était très présente en Allemagne et a pu servir d’exemple pour cela. Je n’ai jamais apprécié particulièrement des professeurs de sport en qui cette notion était très présente mais en preferais d autres.